« Zone à risques » : la nouvelle campagne de l’Autorité nationale des jeux sur les risques d’addiction aux paris sportifs

Le 03.06.2026

 

 

Selon l’étude de Toluna – Harris Interactive[1] commandée par l’ANJ à l’occasion de la prochaine Coupe du Monde de football, 41% des Français qui comptent suivre la compétition ont l’intention de parier. Autre enseignement, plus d’un tiers des Français qui ont l’habitude de parier affirment qu’ils ont déjà eu le sentiment de perdre le contrôle. Pour prévenir les risques d’addiction associés aux paris sportifs, notamment auprès des jeunes qui sont particulièrement concernés par cette pratique, l’ANJ lance une campagne qui détourne le code graphique des mentions légales en le transformant en un ruban jaune de « zone à risques ».

 

 

Les paris sportifs pendant les grands événements sportifs 

 

Avec plus de 6 milliards d’euros de mises en ligne engagées en 2025, le football demeure le sport qui enregistre le plus grand nombre de paris (55%) en France, suivi du tennis et du basket. 

La Coupe du Monde 2022 avait quant à elle enregistré plus de 900 millions d’euros de mises en ligne et en points de vente. Avec près de 54 millions d’€ de mises engagées en ligne, la finale France / Argentine est le match qui détient le record de mises.

Etant donné l’évolution du marché des paris sportifs, les enjeux enregistrés à l’occasion des dernières compétitions et le format renouvelé de cette compétition, un montant des mises autour de 1,2 milliard d’euros pourrait être atteint. Le parcours de l’équipe de France sera néanmoins déterminant sur le montant des enjeux. 

64% des parieurs sportifs ont entre 18 et 34 ans. On comptait plus de 5 millions de comptes actifs en 2025 avec 2186€ de mise moyenne annuelle par compte. 

Les Français et les paris pendant la Coupe du Monde de football 2026

  • Plus de la moitié des Français déclarent avoir l’intention de suivre la Coupe du Monde de football (57%)

  • Si plus de la moitié des personnes qui comptent suivre la Coupe du Monde de football envisagent de parier amicalement avec leurs proches, ils sont 41% à avoir l’intention de miser de l’argent sur les rencontres auprès d’un opérateur, soit 5 points de plus que pour la Coupe du monde 2022 et 6 points de plus que pour l’Euro 2024. C’est chez les moins de 35 ans que cette intention est la plus partagée (54%). Les Français qui envisagent de parier sont plus nombreux que les années précédentes à affirmer qu’ils dépenseront plus d’argent que par le passé (30% en 2026 contre 19% en 2022). Enfin, sans surprise, les matchs de l’équipe de France sont ceux qui suscitent le plus d’intentions de paris, juste devant les matchs à fort enjeu.

 

Les Français et la perception des risques d’addiction aux paris sportifs 

 

L’OFDT[1] a estimé en 2023 à 15,3% la part des parieurs sportifs problématiques. Parmi les différents signaux d’un comportement à risque exprimés, celui de rejouer pour combler une perte est la pratique la plus largement partagée par les joueurs, suivie par le fait d’avoir misé plus d’argent qu’on ne peut se permettre ou d’éprouver de la culpabilité. 

 

  • Selon l’étude menée par Toluna – Harris Interactive, les risques d’addiction et de dépendance associés aux paris sportifs sont identifiés par 8 Français sur 10 (83%), et par une proportion supérieure auprès de ceux qui comptent parier pendant la Coupe du Monde (91%). Ce niveau de perception est en hausse de 14 points par rapport à 2022. 

  • Plus d’un tiers des Français qui ont l’habitude de parier affirment qu’ils ont déjà eu le sentiment de perdre le contrôle (37%), sentiment cité par deux tiers des moins de 25 ans (67%). 

  • Un Français sur cinq affirme connaître un proche qui a déjà perdu le contrôle (20%), une situation davantage mentionnée par les plus jeunes (48%).

     

« Zone à risques » : la campagne de prévention de l’ANJ 

 

Une semaine avant le coup d’envoi de la Coupe du Monde de football, l’ANJ lance une campagne de prévention sur les risques d’addiction associés aux paris sportifs. 

L’objectif de cette campagne, imaginée par l’agence LIBRE, est de marquer les esprits en détournant le bandeau jaune qui figure sur les publicités pour les jeux d’argent en un signal d’alerte visible et tangible.

En transformant ce bandeau en une rubalise jaune qui signale habituellement une zone dangereuse à ne pas franchir, l’ANJ montre ce qui se passe quand on bascule dans la « zone à risques » : on joue, on perd, on cherche à se refaire, on mise plus, on s'énerve, on s'isole. Le plaisir du sport disparaît. Et on finit par ne même plus regarder le match. 

La signature est la suivante : Jouer avec excès, c’est entrer dans une zone à risques.

Pour donner corps à cette « zone à risques », l’ANJ a installé un dispositif original au cœur de l’espace public. Derrière une rubalise jaune matérialisant la zone à risques, un salon a été reconstitué dans une ville. Pendant toute la durée d’un match, un comédien a reproduit les comportements symptomatiques d’un joueur en difficulté : pertes qui s’accumulent, volonté de se refaire, agitation, colère. 

De nombreux passants se sont arrêtés pour observer la scène et échanger avec les équipes présentes. Cette installation immersive avait pour objectif de rendre visibles des comportements souvent banalisés ou invisibles, afin d’aider chacun à mieux reconnaître les signaux d’alerte liés aux paris sportifs excessifs.

Les messages renvoient vers le site Evalujeu, qui permet d’évaluer sa pratique de jeu et d’obtenir des conseils adaptés pour garder la maîtrise. Le site permet également d’obtenir toutes les informations utiles sur les dispositifs et structures d’aide disponibles pour les joueurs et leur entourage.

 

Pour Isabelle FALQUE-PIERROTIN, Présidente de l’ANJ : « A l’approche de cette Coupe du monde, nous entrons dans une zone à risques avec plusieurs voyants au rouge pour le régulateur : un plus grand nombre de matchs et donc de publicités et d’occasions de paris, et en parallèle, on observe une tendance à la hausse du nombre des joueurs de jeux d’argent excessifs et de leur contribution au chiffre d’affaires des opérateurs. L’étude menée par Toluna - Harris vient confirmer cette inquiétude en pointant des intentions de pari en hausse, en volume et en valeur ainsi qu’une très grande vulnérabilité chez les jeunes parieurs. Autant de raisons qui justifient que l’ANJ prenne la parole pour marquer les esprits avec sa campagne qui transforme le bandeau jaune des mentions légales en une zone de dangers bien réels et visibles. »

 

DECOUVRIR LA CAMPAGNE

 

 

[1]Enquête Toluna – Harris Interactive réalisée en ligne du 19 au 21 mai 2026 par toluna - Harris Interactive pour l’ANJ. Échantillon de 1 071 personnes représentatif des Français âgés de 18 ans et plus.

[2] https://www.ofdt.fr/sites/ofdt/files/2025-03/rapport_eropp_jah-2023.pdf